"Seigneur, que veux-tu que je fasse ?"
Si tu lis cet article après avoir recherché des éléments sur ce que peux être ta vocation, alors c'est que pour toi savoir ce que Dieu attend fait partie de tes préoccupations. Voici ici quelques
petits éléments qui à mes yeux manquent parfois dans les invitations de nos prêtres à discerner notre vocation. J'essaierais d'être le plus éclairant possible. Cependant, ne t'attends pas après
lecture de cet article à avoir trouvé ta vocation. Tu trouveras ici en quoi consiste cette recherche, et quelques indications sur comment t'y prendre. Cet article est certes court pour prétendre
faire le tour de la question, mais veut surtout apporter quelques éclairages.
Les états de vie, la vocation
Bien souvent, sur la question de la vocation, nos questions se trouvent facilement face à un sourire nous expliquant : la première des vocations est la sainteté ! :-)
Ceci bien sûr, comme tout ce qui peut nous agacer dans la Vérité qui vient de Dieu :-p, est parfaitement vrai. La vocation seconde lié à notre état de vie est au service de la première des
vocations : la sainteté, qui est bel et bien universelle, c'est-à-dire pour tous, toi le premier.
Cependant, quand on parle de discerner sa vocation, nous faisons bien entendu référence à l'état de vie que Dieu désire pour nous, à vivre sur terre en attendant le face-à-face. Il s'agit
principalement de cerner si Dieu attend de moi une vie religieuse ou sacerdotale, dans un célibat consacré, ou si au contraire Il attend de moi que je me donne dans le sacrement du mariage.
Le célibat non-consacré, quant à lui, n'est pas une vocation à part entière. Bien sûr, on peut se trouver à le devenir par les évènements de la vie, mais rien que le fait de voir qu'aucun
sacrement ne vient apporter son soutien à un tel état de vie (si ce n'est l'eucharistie, qui accompagne chacun des états de vie) suffit à nous montrer que si tu vis le célibat, il faut avoir
confiance, surtout si tu en as le profond désir, que cet état est transitoire, comme un temps de préparation au service de ton don futur dans l'une ou l'autre des voies. Il peut devenir permanent
si tu le décides, et dans ce cas le chemin sera différent. Mais si tu es en recherche, alors je te dis que tu ne cherches pas en vain.
L'Attente
Car bien souvent, on souhaite "trouver notre vocation", en oubliant la période nécessaire, indispensable même, à l'accomplissement du plan de Dieu dans nos vies. Ce temps est celui de l'attente.
C'est un temps difficile où je ne sais pas forcément ce que DIeu attend de moi, et où je dois justement apprendre à Lui faire confiance, pour qu'Il me montre ce qu'Il attend de moi.
Ainsi donc, une personne qui n'a aucune idée de quelle est sa vocation n'est pas forcément une personne qui n'a pas pris le temps de discerner sa vocation, mais pour laquelle Dieu préfère
attendre "le moment favorable", et pour laquelle Dieu veut se servir de ce temps d'attente pour la préparer. A sa vocation future bien sûr, mais tout simplement pour apprendre à se donner. Voilà
pourquoi il convient de ne pas être trop pressé, d'accepter l'attente, de la recevoir de la part de Dieu comme temps où Il nous modèle. Ce temps est variable d'une personne à l'autre, mais tu
peux être sûr qu'il t'est nécessaire. Si donc tu vois que tu t'es vite engagé dans l'une ou l'autre des vocations, n'hésites pas à te remettre en cause sur ce point, car ceci ne te sera que plus
utile pour vivre parfaitement ta vocation plus tard.
Discerne ton mariage
On peut être tenté de placer le discernement de sa vocation au niveau de la vocation religieuse. En effet, on voit pour celle-ci qu'un temps de reflexion est toujours engagé pour se mettre à
l'écoute. Ce temps (propédeutique, mais qui peut se poursuivre) est un "passage obligé" pour tout célibat consacré. Tellement obligé qu'on ne le pense pas indispensable pour un engagement dans le
mariage. Certes, le mariage se prépare à deux, au moment où il est envisagé.
Mais ce n'est pas ce dont je te parle. Non, le mariage, comme la vie sacerdotale, peut être discerné avant, bien avant d'être deux. Ce discernement est celui d'une âme qui demande à Dieu ce qu'Il
attend d'elle. Il s'agit de demander à Dieu quelle voie Il choisit pour nous. Comme une personne qui ne connait pas sa vocation n'est pas forcément au point zéro dans son discernement, une
personne peut aussi connaître sa vocation avant que celle-ci ne se réalise pour autant. En effet, le temps de l'attente est toujours nécessaire. Mais le discernement peut tout de même être mené
loin pendant cette attente pour une âme disponible à l'Esprit et attentive à Dieu.
Le mariage donc, peut être perçu avant d'être deux, à l'unique condition que cela soit fait en pleine honnêteté envers Dieu et envers soi-même. Alors le Seigneur donnera les clés pour percevoir
si la vie consacré ou si le mariage correspond au plan de Dieu sur soi.
Les Certitudes
On se plait à dire parfois que l'on est jamais sûr de sa vocation. Bien sûr, c'est une quête et un chemin, et donc en perpetuelle évolution. En ce sens, il est vrai que le discernement peut
évoluer tout autant et être à mille lieux de là où on en est à un moment donné. Cependant, il est possible d'avoir la certitude suivante : "Aujourd'hui (à tel moment), ce que Dieu m'a montré me
permet de dire assez certainement que ma vocation est celle-ci, ou du moins de dire que Dieu me pousse à penser celle-ci."
Cette certitude n'est pas un engagement, simplement un pas ferme d'une âme qui veut et peut discerner. Non, la recherche de la vocation n'est pas un brouillard permanent, et plus encore, une fois
le OUI prononcé, il doit pouvoir être libre, serein et donc affermi. Il le sera si l'on est attentif aux signes que Dieu nous donne pour affermir la réponse que l'on recherche.
Où trouver des réponses ?
Un supérieur de congrégation dit à un postulant :
- Si une voix venant du ciel vous demande de devenir moine pour la vie, le feriez-vous ?
- Oh oui mon Père, bien sûr !
- Mais mon jeune ami, tu ne dois pas écouter une voie qui vient de l'extérieur. La voix se trouve au fond de toi, de ton âme.
Voilà tout à fait où doit se trouver notre recherche et nos certitudes. Là encore, Dieu nous éclairera autant qu'Il le faudra si c'est au coeur de nous-mêmes que nous menons notre enquête. C'est
en découvrant Dieu et soi-même que nous sommes capables de percevoir ce que Dieu attend de nous, et ce qui nous convient. Mais cela est impossible sans donner du temps à Dieu dans le silence et
la prière, tout à fait disponible à son Esprit. Ainsi donc, quand bien même aucune réponse ne semble venir, il convient de toujours prendre ce temps régulier où je me mets en silence et à son
écoute. Et si l'attente se fait longue, alors fais-en simplement part au Seigneur, et demande avec insistance ce qu'Il te faut soit pour patienter d'avantage, soit pour avoir enfin une
réponse.
Ta foi doit pouvoir aller jusqu'à cette certitude qu'Il ne t'oublie pas, et que sur ce poitn précis de la vocation, toi qui cherche, TU AURAS UNE RÉPONSE !
Bon courage dans ce discernement. La recherche de notre vocation peut être parfois longue, et jamais courte, dans le temps de Dieu. L'attente est un étape obligée pour celui qui l'accepte et veut
servir Dieu, mais le bonheur qui en découle en est aussi bien plus grand.
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