Recommander ce blog !

Commentaires Récents

Suivi RSS

  • Flux RSS des articles

A lire :-)

Pour une meilleure compréhension du parcours proposé dans ce site,
j'invite chaque visiteur à lire chacune des parties extraites du texte "A la Folie..." dans l'ordre. (ou à télécharger le PDF)
Amicalement,
+ Pierre M. +

Mardi 3 juillet 2007
- VIII -

L'anéantissement


« Donne-moi tes désirs ! »
 

La place du désir.

« Te voici au cœur du cœur-à-cœur. »

Le désir tient une place toute particulière dans l’anéantissement de notre être. En effet, il est le reflet des attraits de l’âme. Il est en réalité, et ce depuis le tout départ, moteur dans ce mouvement de l’homme vers Dieu. Aussi, l’orientation de nos désirs au fur et à mesure de notre progression vers Dieu est capitale, car ce sont eux qui nous font prendre le bon chemin.

C’est pourquoi il est nécessaire de considérer ses propres désirs avec respect et attention, à l’image du Seigneur, de peur de se blesser inutilement. Les désirs touchent à notre être profond et ne peuvent ni être enfouis, ni « mortifiés », ni abandonnés sans que toute l’âme n’en pâtisse.

Aussi, dans un parfait cœur-à-cœur avec Dieu, NE PAS LUI EXPRIMER MES DÉSIRS SERAIT UNE FAUTE D’ORGUEIL. L’expression de mes désirs adressée à Dieu doit obligatoirement précéder l’offrande de tout désir, sans quoi je ne peux le Lui offrir sans amertume et donc avec le risque de refuser Dieu ensuite, plus radicalement encore. Le Christ lui-même n’a pas manqué d’exprimer chacun de ses désirs à son Père quand bien même ils ne se réaliseraient pas. Confier à Dieu chacun de mes désirs est la garantie de ma saine relation à Lui, et de la perfection de mon offrande, pour Lui-même, et non au service d’une autosatisfaction à pouvoir renoncer à tout, même à mes désirs. Chose qui serait par ailleurs absurde sans son fondement en Dieu lui-même.

Car même en touchant la profondeur du mystère de mon propre anéantissement, l’orgueil peut toujours se glisser, et d’une manière plus virulente encore.

Laisser son désir.

« Alors que les offrandes qui précèdent sont guérisons, offrir tes désirs est une amputation. »

Laisser son désir relève d’une toute autre « chirurgie » que jusqu’alors. En effet, jusqu’ici, le Seigneur opérait sur toi, non sans précaution, des soins délicats. Mais concernant tes désirs, c’est tout un membre qui doit s’en aller.

Car tels nos propres membres, seul un médecin peut garantir quelle ablation nous est nécessaire, et on ne saurait prendre l’initiative à sa place de les retirer. Ainsi en est-il de tes désirs, qui touchent à ton âme en profondeur, qui l’entrainent dans l’espérance. Aussi, soit attentif à ce que le Seigneur demande dans l’ablation de tes désirs, mais ne prend pas l’initiative par toi-même. Car véritablement, derrière une satisfaction intérieure s’imaginant plus proche de la guérison, tu te cacherais le mal que cela te fais réellement.

C’est donc dans une relation plus profonde encore au Christ, dans un amour plus parfait que devient possible l’ablation de nos désirs. Cela consiste à percevoir ce désir que le Seigneur réclame. Bien au-delà du fait qu’il soit plus important que les autres, plus insistant, ou encore plus éloigné de Dieu, il faut pouvoir s’en séparer uniquement parce que le Seigneur le demande, qu’il m’apparaisse capital ou insignifiant. Dans cet état d’esprit se trouve l’anéantissement véritable, où le désir premier de faire la volonté de Dieu vient submerger celui d’être saint, celui d’être heureux et même celui d’être sauvé. Dans cette offrande, nous sommes placés là où nous devons être, ne risquant plus d’aller trop loin dans la mortification de soi, ni non plus de faire du sur place, mais bien de se laisser mouvoir par ce désir qui surpasse tous les autres : « Ta Volonté, Seigneur ! »

Tout donner.

«Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. »

On voit donc combien la progression même de ma propre mort à moi-même, quand bien même je pourrais en voir le fond, est d’une fragilité déconcertante. Comme un enfant à qui on retire ce qu’on a de plus précieux à ses yeux partirait en colère, même contre sa propre mère, nous avons jusqu’au bout les moyens de tout rejeter. Tant que Dieu n’a pas pris toute la place de notre cœur, il nous est possible de L’en extraire, librement, dans l’incompréhension et la colère.

De manière plus sainte encore donc, il convient de laisser parfaitement le Seigneur agir au cœur de cette mort, afin qu’elle soit parfaite et véritable, sans rien qui puisse nuire à ce qui unira mon âme et Dieu. Cette progression-là est elle aussi mue par un désir, celui qui prime sur tous les autres : faire la Volonté du Père. Ainsi, voici la véritable clef qui définit le saint : c’est CELUI QUI VEUT LIBREMENT ET PAR-DESSUS TOUT FAIRE PAR AMOUR LA VOLONTÉ DU PÈRE.


Précédent

- Partie Complémentaire -

Suivant

 

- Sommaire -

 

Par Pierre - Publié dans : A la Folie... - Complément
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus