A lire :-)
j'invite chaque visiteur à lire chacune des parties extraites du texte "A la Folie..." dans l'ordre. (ou à télécharger le PDF)
Amicalement,
+ Pierre M. +
L’amitié
« Le Seigneur sait que tu en as besoin. »
Le trésor que sont les autres dans notre propre vie est un bien tout particulier. Un
talent de plus dont on doit prendre particulièrement soin et faire fructifier. Dans l’amitié véritable, l’autre n’est jamais un risque pour moi, excepté celui de m’approprier cet autre, de le
vouloir dépendant de moi ou de le croire indispensable.
L’amitié trouve toute sa grandeur dans la gratuité. Il n’est rien que mon ami me doit,
pas plus que je ne lui dois quelque chose. Je ne suis pas avec lui pour rembourser une quelconque dette, ni pour compenser un quelconque manque. Vécue à fond, l’amitié doit pouvoir garantir la
liberté de la relation. Préserver cette liberté à tout prix permet avant tout d’aller loin dans la relation.
Mais on voit bien combien tout ceci s’avère tellement faux dans beaucoup d’amitiés
naissantes. Loin d’être un reproche, cela est nécessaire pour voir ce à quoi nous sommes invités. Le dépouillement de nos relations en vue de la seule relation au Christ est justement là pour
rectifier notre médiocre façon de percevoir et de vivre nos amitiés.
L’amitié au Christ éclaire toute
relation.
« Tu aimeras Dieu et ton prochain plus parfaitement. »
Car si mes relations m’éclairent et souvent m’invitent à découvrir Dieu (bien souvent
quelques personnes jouent un rôle important dans cette découverte – car Dieu se sert de l’autre pour me conduire), ma limite purement humaine à les vivre pleinement ne sera compensée que par la
relation et l’union plus grande avec le Christ. Celui-ci, petit-à-petit, va purifier notre regard et notre rapport aux autres pour mettre son regard dans le nôtre et nous permettre d’aimer plus
parfaitement notre prochain.
Dans l’amitié, c’est la gratuité de la relation que le Christ engage avec moi qui va
baliser et éclairer comment vivre ma relation à l’autre. Ce qui était humainement inaccessible dans ces relations se trouvera libéré par le Christ, pour vivre l’amitié comme un cadeau. Cadeau
de Dieu qui me donne des amis, cadeau de l’ami qui m’accorde la réciprocité de la relation, et cadeau de moi-même qui accepte cet échange, aussi longtemps que la personne le voudra, sans jamais
exiger qu’elle ne demeure, mais bien plus de faire de la joie de mon ami ma propre joie.
Ainsi, préférer en toute chose ma relation au Christ, ce n’est pas balayer d’un revers
de main toutes les autres, mais simplement apprendre avec le Christ à vivre avec les autres. Et avant tout apprendre à aimer l’autre pour lui-même bien plus que pour ses qualités et les
intérêts partagés. C’est en réalité conserver la relation en la nettoyant de tout ce qui l’alourdit, la complexifie ou la fausse. Plus encore, c’est faire concourir ma vie spirituelle à mes
relations, de sorte que ce qui m’unit à l’autre ne soit pas seulement de l’ordre naturel, mais plus encore spirituel.
Enfin, tout cela contribue au véritable oubli de soi. A la manière du Christ, cela permet de placer sa joie dans la joie de l’autre, son plaisir dans le plaisir de l’autre, sa compassion dans la souffrance de l’autre, sa propre sanctification dans la sanctification de l’autre. L’offrande de son temps, de son énergie, de ses services, de ses prières et de sa vie ne se fait alors plus seulement par obéissance à Dieu, mais bel et bien par amour de l’autre. Jusqu’à mourir s’il le faut.
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