A lire :-)
j'invite chaque visiteur à lire chacune des parties extraites du texte "A la Folie..." dans l'ordre. (ou à télécharger le PDF)
Amicalement,
+ Pierre M. +
Être passif ou être
acteur ?
« Construire chaque instant ta vie de demain, mais également accepter de lâcher les rênes. »
Face à nos projets, la principale crainte que l’on peut avoir ou rencontrer autour de nous
est celle du reproche de la passivité. En effet, il n’est pas toujours facile de percevoir comment « lâcher les rênes » de sa propre existence, sans tomber dans un laisser-aller amorphe
et sans consistance, prétextant que le Seigneur s’occupe de tout. Il y a une véritable question concernant le sens de l’abandon de ses projets.
Car indéniablement le Christ ne nous demande pas de ne rien faire pour réussir notre vie.
Plus que jamais, c’est dans l’effort et les choix judicieux, les prises de décisions libres et la volonté d’entreprendre et réussir que le Seigneur nous invite à devenir les véritables acteurs de
notre propre vie. Plus encore, il faut réaliser que cette vie que je possède ne m’appartient pas, et qu’à l’image de la parabole des talents (Mt 25, 14-30), les talents que je reçois sont appelés
à être fructifiés.
Où donc se situe l’abandon quand il est nécessaire de construire sa vie ? Une fois
encore, la sainteté relève du cœur et de l’esprit, et non de ce que je fais. Il s’agit donc de construire en étant pleinement conscient que cela n’est rien et que cela peut échouer, disparaître
lamentablement et que cela n’est en rien une entrave à mon bonheur. Car le Seigneur permet les échecs, qui peuvent être décourageants à nos yeux. Cela doit être toujours l’occasion, dans les
réussites comme dans les échecs, de s’en remettre à Dieu, pour que ce qu’Il donne soit accueilli dans la joie, et que ce qu’Il reprend soit laissé dans la joie. Il est donc nécessaire d’être
acteur, mais tout autant de ne pas posséder ce que l’on construit.
Et en tout dernier lieu, il faut être capable d’accueillir un plan divin, perturbant ce
que je construis, chamboulant la tranquillité et la vision toute tracée de mes projets, pour me permettre d’accéder à d’autres choses, qui, dans la confiance, sont indéniablement plus grandes
encore. La confiance dans la sagesse de Dieu, qui veut pour moi non pas ce que je désire, mais bien ce qui me rendra pleinement heureux, doit effacer toute crainte du plan divin sur ma vie.
Renoncement de l’esprit et
intelligence.
« Il est si facile de dire : « Seigneur, prends tout ! », mais de n’offrir en réalité que ce qui t’arrange. »
Le renoncement de mes projets est d’un autre ordre que celui de mes biens, et sont d’une
certaine manière plus élevé. Ils se rapportent à notre esprit qui éclaire et réfléchit chacun de nos choix, en faisant entrer une nouvelle composante : celle de placer la confiance dans la
Providence et dans le plan de Dieu sur moi au-dessus de ce que je jugerais moi-même meilleur. Cette perspective est folie pour les hommes, car elle place une confiance aveugle en Dieu devant
notre propre intelligence. Elle est risquée aussi si mal éclairée, et donc nécessairement ancrée dans la prière pour qu’elle soit à la fois de l’ordre de la foi ET de la raison. Il ne s’agit donc
pas comme certains seraient tentés de le croire de toujours « foncer » sur chaque opportunité, le Seigneur permettant de rattraper ce qui ne va pas. Les deux composantes (foi et raison)
s’accompagnent mutuellement et appellent à un véritable discernement, si possible accompagné, pour percevoir là où je donne avantage à mon choix personnel, et là où je pense reconnaître le signe
du Seigneur. Car il ne veut pas faire de nous des « imbéciles heureux », mais bien des êtres tout à fait disponibles de cœur et d’intelligence à l’influence et l’intervention de son
Esprit.
Éclairé convenablement, je serai alors capable de placer mes choix personnels ou ceux
proposés par Dieu dans le sens de sa Volonté, et ainsi justifier ensuite de ce que Dieu a pu faire dans ma propre vie. Ce discernement est indispensable au dépouillement de la raison, qui ne se
dépouille pas sans raison, mais bien parce qu’il y a la Vie à la clé.
La confiance
aveugle.
« Aller bien plus loin, simplement par la confiance en Dieu, la seule qui puisse être aveugle. »
Loin d’être irréfléchie, la confiance aveugle en Dieu est donc une confiance qui n’a pas
les moyens de savoir où elle se dirige, mais que le discernement seul permet de choisir librement comme but que je recherche. Cette confiance n’est possible que parce que je crois que Dieu ne
veut pas me perdre, et qu’Il connaît le lieu où Lui veut me conduire. Elle est aveugle car elle ne perçoit pas le but ultime, mais demeure réfléchie car suivie après discernement. C’est comme
choisir un chemin dont on ne sait où il va, sur la recommandation sage d’un ami.
Le Seigneur ne cherche donc pas à dire ce qu’Il attend dans chaque événement, ni chaque instant. Bien plus, il demande la disposition du cœur à percevoir dans l’ordinaire où se situe Dieu et où se situe l’homme. Comme il ne convient pas de ne voir Dieu nulle part, il n’est pas éclairant de voir Dieu partout. Les signes qu’Il nous donne ne peuvent pas être permanents, justement pour qu’ils soient signes. Et c’est en éveillant mon discernement que je réaliserai plus parfaitement non pas ce que je veux, ni ce que je voudrais que Dieu me réclame, mais bien ce que Dieu veut. Et c’est là que se situe alors le véritable dépouillement de l’esprit, qui ne s’attarde non plus aux calculs de la terre, mais bien au discernement de Sa Volonté.
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