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Amicalement,
+ Pierre M. +

Mardi 3 juillet 2007
- II -

La Prière


« Donne-moi du temps ! »


L’âme à vif.

« Mais peut-Il te prendre dans cet état ? »

Pour comprendre pourquoi Dieu, dans son plan d’Amour, ne peut pas rendre saint qui que ce soit en un instant, il faut percevoir en Lui le médecin de mon âme. Cette comparaison nous vient du Christ lui-même et nous est d’un grand secours.

"Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." (Lc 2, 17)

Le Christ est le médecin de mon âme. De la même manière qu’il est possible d’avoir « la chair à vif », nous pouvons nous imaginer avoir « le cœur à vif » ou  encore « l’âme à vif ». Cela signifie que Dieu ne peut nous manipuler qu’avec une extrême précaution et beaucoup de délicatesse, sans quoi Il pourrait nous faire très mal. Notre nature blessée nous a rendus sensibles et souffrants aux soins que Dieu veut nous donner.

Quels sont ces soins ? Retrouver la vraie liberté, comme un paralysé voudrait retrouver la possibilité de marcher, ou un aveugle la possibilité de voir. Pour certains soins, il faut intervenir rapidement, malgré les souffrances du patient, et pour d’autres, il faut du temps et de la patience pour que les choses se remettent en place. Mais le secours que le Christ nous porte concerne tout notre être. Ainsi, c’est ma personne dans mon corps, mon esprit et mon âme qui doit guérir progressivement. Le temps est donc un bien précieux, comme un paralysé pour qui marcher avant que les jambes ne soient parfaitement remises ne ferait que repousser la guérison définitive.

De la prière à la Volonté de Dieu.

« Dans la contemplation, tu percevras où sont vraiment tes désirs, et ce que Dieu attend de toi. »

Si la prière intérieure ne semble pas naturelle à l’homme, elle doit devenir dans la vie du croyant un point d’ancrage nécessaire pour discerner ce qu’il fait dans sa vie. Il y a une logique dans la prière qui part de l’homme, et va vers Dieu, puis retourne à l’homme.

Même si lorsqu’on redécouvre la prière, celle-ci peut sembler plus facile, la prière n’est en général et heureusement pas innée. Cela n’en fait qu’un meilleur acte d’offrande et d’amour pour Dieu. Quel mérite y aurait-il à pouvoir prier alors que cela ne demande aucun effort ? C’est bien donc la volonté libre de l’homme d’accorder du temps pour Dieu qui pourra faire débuter en lui sa véritable transformation. Pour permettre d’entrer en relation avec Lui, Il nous a laissé avant toute chose sa Parole, qui est vivante et nous éclaire. Mais cet éclairage en lui-même n’est pas la réponse directe à la question : « Que dois-je faire Seigneur ? ». Si tel était le cas, il ne serait pas nécessaire d’entrer en relation personnelle avec Dieu. Or, le cœur de la prière doit être cette relation, ce dialogue, ce cœur-à-cœur, qui fait se livrer l’âme à un confident qui est Dieu, et qui se laisse avisée par Lui. La Parole est donc pour nous prétexte à une meilleure compréhension de Dieu, et donc à notre contemplation. C’est alors dans le silence de la contemplation que Dieu me dispose à comprendre comment ce que je perçois de Dieu se répercute sur ce que je vis. C’est la réponse de Dieu qui permet de vivre parfaitement dans le monde. La prière à ses débuts met en place un nouvel équilibre, entre la prière et l’action.

La prière et l’action.

« Ces prières deviendront la respiration de ton quotidien. »

Nous venons de voir comment la prière pousse à agir de manière plus conforme à ce que Dieu attend de moi, car je me dispose à son influence. Par contre, l’action ne dispose pas à la prière, tel l’ouragan qui ne dispose pas à entendre Dieu. Dieu est dans la brise légère.

Ainsi, dans le délicat équilibre entre la prière et l’action, il faut surveiller que mon trop de prières ne soit pas prétexte à fuir mon quotidien, et que mon trop d’activités ne soit pas prétexte à fuir ma rencontre avec Dieu. Cependant, en toute chose, la prière prévaut sur l’action. Que cela signifie-t-il ? Qu’il est plus grave pour le bien de l’âme de ne plus prier que de ne plus agir, quand bien même les actions seraient charitables. En effet, mon trop de prières, si je demeure de bonne volonté envers moi-même et envers Dieu, me poussera à agir de nouveau. Alors que celui qui s’engage dans le trop d’actions est en danger : celui d’être coupé de ce qui le pousse à agir parfaitement. Aussi donc, il convient d’être bien plus exigeant sur soi-même en matière de prières qu’en matière d’actions. Agir pour Dieu et en conformité avec Dieu est une conséquence de ma prière, et c’est pourquoi la prière est première.


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Par Pierre - Publié dans : A la Folie... - Complément
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